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| Textes, dessins et photos de Alain Marc, France |
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A propos de ce pays: |
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La France est l'un des pays les plus modernes au monde et un des leaders parmi les nations européennes. Située en Europe de l'ouest, elle est ... |
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Croquis et dessins
À la rencontre de la civilisation des Treilles
France
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Des semaines que vous n'aviez aucune nouvelle: c'est que j'étais loin de tout!
Même le téléphone a un jour fini par ne plus passer.
Aller à la rencontre d'une civilisation lointaine, comme cela, sac au dos (qui plus est, lourdement chargé par de l'eau et des vivres pour quelques jours) avec pour seuls repères les documents de quelques spécialistes, je savais que ce ne serait pas si simple que cela.
Je me raccrochais dès le départ à l'espoir de ramener quelques aquarelles singulières. En voici quelques-unes extraites de mon carnet, et le récit très succinct de cette aventure.
Je passe sur le début du voyage et l'approche dans une profonde vallée où j'étais déjà allé en repérages plusieurs fois depuis quelques années, encore plus mystérieuse quand se dissipent les brumes et que le soleil dégage les falaises et les hauts plateaux qu'elles défendent.
Dessin 1: Tout en bas, ce ne sont pas tellement les rapides qui empêchent l'explorateur d'accéder aux plus bas étages des terrasses envahies de la végétation montant à l'assaut du plateau: ce sont ces falaises surplombantes particulièrement difficiles à franchir, et il faut parfois faire de grands détours pour trouver leurs points de faiblesse! Mais l'ambiance grandiose des gorges, le bruit de l'eau, les senteurs d'essences innombrables, les chants d'oiseaux, font oublier la fatigue et les difficultés du parcours.
Dessin 2: Les oiseaux, justement: j'en ai dessiné deux, dans leur plumage aux éclatantes couleurs, mais nombreux sont ceux aux livrées multicolores qui chantent et volent au fond de la vallée, tandis que de grands vautours aux ailes sombres comme la nuit tournoient en silence au dessus des plateaux...
La suite, c'est la montée vers le plateau et la recherche des indices de la civilisation des Treilles...
Dessin 3: Là-haut tout change par rapport à la vallée: paysage de steppes arides, brûlées par le soleil, mais plusieurs éléments ne trompent pas: je suis bien sur le territoire de l'un des groupes des Treilles!
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Cependant, nulle âme qui vive. Je continue donc mon chemin droit devant, bivouaquant là où je me trouve lorsque la nuit tombe. |
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Ainsi les jours passent jusqu'à ce que j'arrive de l'autre côté du vaste plateau en bordure d'une nouvelle falaise dominant un très profond ravin. J'y découvre d'étranges vasques remplies d'eau taillées dans le rocher, mais nul passage pour descendre dans le canyon. |
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Ce soir-là l'orage monte à l'horizon, le soleil va se coucher, et je dois rapidement chercher un abri pour la nuit... |
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Ma nuit est bercée par des chant de criquets ou de grillons aux mélodieuses sonorités venant du plateau et montant de la vallée. On entend régulièrement le cri de quelque chouette et plus proche, d'un hibou à la voix grave et assourdie. Le front d'orage a disparu. Je m'éveille vers 4h30 du matin pour regarder le ciel depuis le fond de mon duvet à travers l'entrée de mon abri: la constellation d'Orion illumine la voûte céleste juste au dessus du muret de pierres sèches: le spectacle, magnifique, est d'une immense poésie! Je me rendors comblé par autant de beauté... |
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Le soleil est déjà haut quand je me réveille en sursaut: ce n'est pas lui qui m'a tiré de mon sommeil, mais d'étranges bruits qui montent des falaises en dessous de mon abri. On entend des voix d'enfants et d'adultes mêlées, et une odeur de fumée arrive jusqu'à moi. Je m'habille précipitamment et décide de descendre vers eux. - Serait-ce une tribu du groupe des Treilles au dessus de laquelle j'ai dormi? |
Dessin 4: C'est alors que je remarque à quelques mètres en dessous du bord de la falaise, juste un peu plus loin, l'entrée d'une cavité protégée d'une murette, en vertigineux balcon au dessus du vide! Elle me parait accessible en désescalade, et quelques minutes plus tard, je deviens le nouveau propriétaire des lieux...
Dessin 5: La vue de mon balcon sur les falaises avoisinantes est extraordinaire! L'ombre bleue du crépuscule monte à l'assaut des derniers lambeaux de soleil, l'orage à l'horizon ne cesse de rougeoyer, et j'installe mon bivouac pour la nuit. En préparant mon repas du soir, je savoure le confort et la sécurité de l'endroit: aucune humidité, un sol parfaitement plat, j'oublie tout le reste du monde...
C'est plusieurs heures plus tard que la réponse m'est donnée. J'ai réussi à me frayer un chemin dans l'épaisse végétation d'une ravine plus à l'est. J'ai été vers eux en n'en menant pas large sur mon sort, mais je sais que les groupes des Treilles de ce côté-ci, ne sont pas agressifs et cultivent les échanges avec les étrangers. C'est dans une vaste caverne, que je ne voyais pas depuis mon logis, que le groupe est installé. Cette communauté élève un petit troupeau de brebis et de chèvres dans un enclos en terrasse protégé par le vaste porche de calcaire rouge dominant l'entrée...
Je suis bien accueilli. Les heures que je passe avec eux sont inouîes. Il s'agit de la tribu des Revénols, l'une des plus pacifique qui soit. Ils sont de petite taille, (autour d'un mètre cinquante pour la plupart d'entre eux), semblent très robustes, la tête paraissant légèrement allongée aux chevelures tressées rousses et blondes (parfois châtain ou brunes), les femmes y sont très belles, avec de superbes parures, et leur mode de vie comme parfaitement bien organisé, les taches se répartissant entre les différents individus du groupe. Leurs peintures corporelles utilisent l'hématite et l'ocre autant que l'argile jaune et la poudre de dolomie. Je suis ébahi par leur ingéniosité: ils ont creusé et aménagé de petits bassins dans les endroits humides de la grotte pour recueillir l'eau suintant de la voûte!
Ils excellent dans l'art des céramiques, du tissage et de la vannerie. Leurs armes de chasse sont surtout constituées de beaux poignards de silex à dos poli, d'arcs, de flèches et de javelots aux pointes de chaille foliacées et pédonculées, et leurs haches polies de dure pierre verdâtre et noire sont solidement fixées sur des gaines de bois de cervidés. On dirait qu'ils ne disposent que de très peu d'outils, éléments de parures ou d'armes de métal plus élaborés. Ils cuisent une sorte de pain fait de céréales broyées grâce à des meules de grés, et de grandes nasses d'osier appuyées le long des parois laissent deviner que leur talent de pêcheurs ajoute du poisson à la variété de leurs menus...
Je pourrais vous parler longtemps de la tribu des Revénols. Elle est caractéristique de la civilisation des Treilles pour laquelle je suis venu ici... Mais je préfère vous confier les deux pages qui suivent retirées de mon carnet.
Je reviendrai dans le prochain article sur cette étrange aventure, je vous en donnerai les clés.
En attendant je vous laisse avec ces souvenirs qui ne sont que quelques notes sur des bouts de papier, mais qui n'ont été possibles que par le plaisir de peindre pour ne rien oublier...
Il m'aurait fallu un carnet tout entier et beaucoup plus de temps pour tout bien noter. Mais j'ai pris ce qui me frappait le plus et était le plus à ma portée:
Dessin 6: Ici quelques objets de parures et l'une de celles qui les portait.
Dessin 7: Un autre coin de cette page avec ce qui m'a beaucoup étonné: une sorte de baudrier en lanières de cuir tressé, généralement porté par les hommes (ici c'était une jeune femme qui le portait) au devant duquel était fixé un étui contenant un objet que j'ai pris pour un poignard, mais qui pouvait aussi être une pendeloque ou une amulette de grosse taille, je ne saurai jamais.
Dessin 8: Une partie du groupe à ses occupations quotidiennes tels que je l'ai rencontré. Les enfants s'étaient cachés. Une femme un peu à l'écart serre contre elle un bébé.
De la civilisation des Treilles à notre réalité...
Où en suis-je déjà?
...Ah oui, dans l'extraordinaire grotte de la tribu des Revénols!
Envoûté par ces indigènes qui m'accueillent, sont en apparence si différents, et pourtant nous ressemblent tant. Un témoignage bouleversant d'humanité en marche. Une vaste et inexorable ascension, venue à travers eux depuis le fond des âges s'ancrer au coeur de nos entrailles, c'est bien cela que je ressens. Soudain, sans l'avoir vu arriver en face du vaste porche de roche compacte, le soleil entre dans la cavité, s'empare de l'abri, enveloppe toute chose, tout être, et je suis inondé de lumière jusqu'à l'éblouissement, je n'arrive plus à voir où je suis, je perds tout repaire, aveuglé, étourdi, balayé par un vertigineux tourbillon d'énergie qui me projette au sol.
Je me cogne violemment et suis en train de perdre conscience lorsque je perçois le chant d'un oiseau, d'une étrange pureté, sublime sensation des bruits de la nature qui pénètrent mon esprit avant même que j'ai pu rouvrir les yeux...
Ma première réaction en les ouvrant est de détourner mon regard de cette lumière qui m'aveugle et de m'apercevoir que je suis dans mon duvet!
Ainsi donc ce n'était qu'un rêve, et c'est bien le soleil qui m'éveille: je suis toujours dans mon abri rupestre en haut des falaises, mais je reviens d'un incroyable voyage dans le temps...
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| Le soleil qui m'a réveillé entrant dans ma grotte suspendue. |
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Si je vous ai fait partager cette expérience, c'est que par delà sa portée symbolique, elle démontre combien, par la force du rêve, le "voyage" est possible à chacun de nous.
Car tout voyage commence par un rêve, par le désir de se projeter dans un "ailleurs" apte à nous nourrir d'un renouvellement de notre être qui s'affirme par la projection de notre regard sur d'autres horizons, d'autres espaces, d'autres accomplissements. Il suffit de le vouloir de tout son coeur, de toute son âme. Les chemins nouveaux sont aussi vecteurs de joie de vivre, d'enthousiasme d'entreprendre, et de capacité à transformer toute chose, toute idée, en opportunité de réussir, d'innover, de liberté d'être, d'aimer et de construire même avec des moyens très réduits, quel que soit le rêve que nous portons en nous. Quel que soit le "voyage" auquel nous aspirons. Tout est dans la force de l'esprit et dans notre aptitude à la transmettre autour de nous, à la partager et à l'amplifier avec autrui.
Dessin 10: Ce que je ne vous avais pas dit, c'est que la grotte traverse la falaise, et que la vue du deuxième balcon de mon "logis en plein ciel" était aussi belle que depuis le premier... (Aquarelle extraite du carnet "Aven Noir, carnet d'exploration" d'Alain MARC)
C'est pour cela que vous avez été nombreux à me suivre avec autant d'enthousiasme dans cette expérience qui m'a réellement emmené plusieurs jours loin de chez moi. Pas "loin" géographiquement, certes, (à peine plus d'une heure de voiture pour le point de départ de ma "randonnée") mais loin, très loin dans le pays de l'imaginaire, du rêve et de la poésie qui font aussi partie des frontières de l'absolu.
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| La même vue, vertigineuse et infinie, depuis la "terrasse" d'accès à ma grotte. Les deux petits points au milieu des brumes sont des hirondelles de rocher qui chassaient au ras des falaises jusqu'à me frôler le visage parfois. Ici les animaux n'ont pas peur de l'homme, et si on sait se fondre dans la nature, la respecter avec humilité, entrer en connivence avec elle, se faire oublier, elle nous offre alors de sublimes et émouvants cadeaux... |
Bien sur l'aquarelle, le croquis, y ont contribués, car ce sont des supports qui permettent avec peu de moyens et une certaine "facilité" de matérialiser ces éléments, aussi insaisissables qu'ils soient.
Dans cet article, je tiens aussi à démontrer que le réel peut se décliner, se vivre et se traduire dans de nombreux niveaux de perception.
Je vous reparlerai de la façon dont je conçois tout cela plus tard, mais pour l'instant, voici quelques "clés" sur la façon concrète dont j'ai réalisé cette expérience:
- 1) le but: il était pour moi à travers des repérages destinés à compléter ma connaissance des gorges, canyons et grands causses qui entourent l'Aven Noir, d'y réaliser quelques aquarelles destinées à en illustrer les extérieurs (pour mon fameux carnet d'exploration, toutes les aquarelles publiées dans ces 2 articles en font partie), dans de véritables conditions de découverte. Car c'est en sortant des sentiers battus qu'on peut apercevoir ce qui est à la fois rare et beau.
Il fallait donc que je sois le moins possible tributaire des routes, chemins et sentiers qui sillonnent la région. Heureusement qu'elle est restée relativement authentique, peu peuplée et suffisamment isolée pour pouvoir réussir un tel projet. La nature y est grandiose et étonnamment sauvage.
Hors je vous assure que si vous partez en réelle autonomie depuis le fond des gorges (Jonte ou Dourbie), gravissez les quatre à cinq cent mètres de dénivelé qui le séparent du plateau, puis le traversez avec ses ravins et dépressions pour vous rendre jusqu'à ses confins face au Causse Bégon et aux pentes du Mont Aigoual, vous en aurez pour quelques jours!
Dessin 11: Le cours de la Dourbie, point de départ de mon voyage, tantôt calme dans les "planiols", tantôt tumultueux dans les rapides, est un idyllique havre de paix. Malheureusement, la surfréquentation touristique qui ne tient aucun compte des équilibres naturels fait fuir castors, loutres, oiseaux nicheurs des berges et autres animaux craintifs de plus en plus loin, jusqu'à les faire disparaître en de nombreux endroits. ...Quand je pense aux précautions que je prends pour ne troubler aucun espace naturel, je me sens très triste et impuissant devant tant de destruction, même si je comprends le besoin bien légitime de baignades insouciantes et du camping sauvage non raisonné, inconscient de ses conséquences sur l'environnement au plus chaud de l'été... (Aquarelle extraite du carnet "Aven Noir, carnet d'exploration.
Dessin 12: Il faut dire que les gorges sont superbes et que leur cadre grandiose, leur lumière, leur parfum de senteurs sauvages méditerranéennes, leur fraîcheur en été, ont depuis toujours attiré l'homme pour y vivre et y développer ses activités... (Aquarelle directe - sans dessin préalable - extraite du carnet "Aven Noir, carnet d'exploration" d'Alain MARC)
Mais les milieux naturels en sont pour moi la priorité, ils en sont même le principal trésor qu'il faut à tout prix préserver: car si certaines espèces migratrices venant des pays chauds comme le loriot continuent de se fondre à la cime de la ripisylve, d'autres tels le guêpier d'Europe ne font plus que passer pour aller nicher dans des berges plus sauvages en amont ou vers les vallées de la Jonte et du Tarn... (Aquarelle extraite du carnet "Aven Noir, carnet d'exploration" d'Alain MARC)
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Ciel étoilé et nébuleuses au dessus des gorges et du Causse Noir une nuit d'été: rêves d'infini illuminant nos yeux... (Aquarelle extraite du carnet "Aven Noir, carnet d'exploration" |
- 2) la civilisation des Treilles: j'avais aussi en partant, un autre projet (toujours dans le même but d'enrichir mon carnet): retrouver quelques grottes où le groupe néolithique des Treilles avait vécu et même déposé les sépultures de ses morts. J'en connais déjà quelques-unes, mais pas sur le secteur que je voulais visiter. (- Peut-être un jour, dans l'Aven Noir ou ses ramifications, découvrirons-nous également des vestiges de cette civilisation?)... Il fallait que je "m'imprègne" de leur "mémoire" pour mieux parler d'eux et de cette éventualité!
La civilisation des Treilles a réellement existé dans les Grands Causses du Néolithique final au Chalcolithique (ainsi nommée par différents préhistoriens, particulièrement G. Constantini qui en a étudié les principaux éléments culturels à partir de la grotte éponyme des Treilles située dans la commune aveyronnaise de Saint-Jean et Saint-Paul).
Quant à la tribu des "Revénols", je l'ai "nommée" ainsi car la grotte où je l'ai rencontrée dans mon rêve (c'était bien le 26 août mais sans doute... 2009 avant notre ère!), se situe sur la commune de Revens, à la limite du Gard et de l'Aveyron.
Dessin 13: L'un des nombreux mégalithes que l'on peut attribuer au groupe des Treilles. Il y en a beaucoup sur le Causse Noir, et certains endroits à leur proximité dégagent réellement une énorme charge émotionnelle: - quel était leur rôle exact? Je consacrerai plus tard différents articles à une civilisation apparentée (ou du même groupe?) qui a donnée à un causse voisin une dimension complètement mystique, particulièrement troublante, mystérieuse, envoûtante, où le culte de la féminité (à travers la "déesse mère"?) parait omniprésent... (Aquarelle extraite du carnet "Aven Noir, carnet d'exploration" d'Alain MARC)
Dessin 14: Les spécialistes attribuent les statues menhirs du Rouergue et Grands Causses à la civilisation du groupe des Treilles. Elles sont particulièrement émouvantes et troublantes elles aussi. Allez-les voir au musée Fenaille de Rodez où elles sont merveilleusement présentées: vous en serez bouleversés, d'autant plus que c'est ici la plus belle collection au monde de ce type de mégalithe! (Croquis extrait de la page 198 du livre "Aveyron, Carnet de routes" d'Alain MARC paru aux éditions du Rouergue)
- 3) Le rêve: je ne vous ai jamais parlé de mes rêves, encore moins de mes rêves "visionnaires" ou prémonitoires. Seuls quelques proches ou amis intimes savent que cela m'arrive parfois, je veux bien passer pour un rêveur, mais pas pour un... illuminé (je préfère l'être par le soleil)! Maintenant peu importe ce qu'on pensera de moi... Cependant ils m'ont souvent permis de vivre des moments complètement magiques, grâce à l'aquarelle et au dessin qui m'ont aidés à les mémoriser et surtout à en reproduire les images les plus caractéristiques dans l'immédiateté de l'éveil (je me lève parfois la nuit pour prendre des notes et dessiner, peindre, lorsque l'un d'eux le nécessite, avant de me rendormir). J'ai ainsi pu "visualiser" des lieux que je ne connaissais absolument pas où je me suis rendu des années plus tard, ou rencontrer des gens que je retrouvais dans d'autres rêves régulièrement.
Il faut dire que j'ai un temps suivi certains préceptes rapportés des indiens Yaqui par Carlos Castaneda (le fameux anthropologue si logiquement controversé), indiens dont les chamans ont le pouvoir d'agir à l'intérieur du rêve lui-même, et j'ai pu constater que pour moi "ça marche", au moins partiellement, je dirai même "jusqu'à un certain point!
Alors pas étonnant que je sois aussi sensible à "la mémoire des lieux" et que je puisse me souvenir ici de certaines images de ce rêve/voyage "préhistorique", même si dans le cas des aquarelles le concernant j'ai vérifié que mes dessins soient à peu près en conformité avec les objets de fouilles exposés dans différents musées régionaux (le reste est pure imagination, sauf peut-être les tatouages ou peintures corporelles bien visibles sur certaines statues menhirs attribuées à cette civilisation)!
- 4) les aquarelles: hormis celles dont je viens de parler, elles correspondent à ce que j'ai vu et vécu dans les Gorges de la Dourbie et sur le Causse Noir. L'abri dans la falaise, la grande grotte des "Revénols", les hautes falaises, la rivière encaissée, les oiseaux multicolores de mes aquarelles (loriot et guêpier) existent réellement. J'en dessine aussi des différents dans mon carnet d'exploration de l'Aven Noir, avec d'autres animaux superbes qui vivent dans son environnement (insectes rares, papillons, mammifères peu communs, etc.).
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| La vaste grotte hématite de mon rêve où s'abritaient temporairement des tribus du Groupe des Treilles. Une grotte voisine, plus difficile d'accès en falaise a servi de grotte sépulcrale à la phase finale du Chalcolithique, et a livré comme celle-ci d'intéressants témoignages sur la vie des homme et des femmes qui les fréquentaient. (Photo Alain MARC) |
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Dessin 15 et 16: Les papillons et fleurs rares support de rêves et de beauté: ceux du site et la flore associée seront aussi pour la plupart dans mon carnet. L'hespérie de la Houque comme l'ascalaphe ne cessent de me fasciner, quant au Sylvain azuré, qui parait triste et sombre sur le dos de ses ailes, il se pare d'un bleu profond et soyeux si on l'observe sous les reflets du soleil. La face antérieure est colorée d'un bel orange cuivré. On le trouve sur le pourtour méditerranéen et du centre de l'Europe à l'ouest de l'Asie, jusqu'en Iran, Syrie, Caucase; avec les modifications climatiques actuelles il a tendance à remonter vers le nord. (Aquarelle extraite du carnet "Aven Noir, carnet d'exploration" d'Alain MARC)
En conclusion, "rêvez" votre réalité en la transcendant et "réalisez" vos rêves en les projetant dans la réalité, vous verrez alors le monde changer autour de vous parce que vous serez vous-mêmes en train de vous transformer...
Et ce n'est pas qu'utopie: pour le seul secteur de l'Aven Noir, sans l'inspiration insensée et l'opiniâtreté du découvreur de ses nouveaux réseaux (R. Pélissier pour ne pas le nommer, à l'origine des demandes de classement du site par les collectivités locales auprès des DIREN Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon), le site ne serait pas en train de se valoriser comme il est en train de le faire (lignes électriques enterrées, architecture sauvegardée, protection des espaces naturels renforcée, voies de communication améliorées, tourisme mieux encadré, etc.)...
Voilà pour la civilisation des Treilles, et sa rencontre féerique entre rêve et réalité...
Pour information consultez le site:
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