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Croquis et dessins
3 mois de voyage sur l'île rouge
Madagascar
Que faire quand on atterri à Madagascar en pleine saison des cyclones de janvier avec pour toute perspective la moitié du pays inondée par les pluies et l'autre recluse hors des circuits routiers? Ne reste qu'à improviser. Pour cela, les trois mois que nous autorisent le visa ne seront pas de trop.
De la capitale, Antananarivo, hissée sur les hauts plateaux à 1300 m d'altitude, nous descendons jusqu'à Tuléar en suivant la célèbre RN7. Un itinéraire classique qui permet cependant de découvrir une palette de paysages et de couleurs hors du commun. On la dit de l'île qu'elle est hybride, plus tout à fait l'Afrique et pas encore l'Asie... Rien n'est plus vrai.
Vaste pays, grand comme la France et la Belgique réunie, Madagascar demeure encore une destination privilégiée et pleine de richesse pour qui prend le temps de les chercher.
Notre objectif: rejoindre le petit village de Belo-sur-mer isolée sur la côte ouest en plein cœur de la région du Menabe. Un lieu reclus où l'on fabrique encore d'anciennes goélettes en bois.
En arrivant à Tuléar, nous découvrons que le cyclone qui vient de traverser le pays a brisé un pont rendant la route qui remonte au nord impraticable pour quelques temps. Ne nous reste qu'une option: la voie maritime.
Peu nombreux sont les Vezos, le peuple des pêcheurs de l'île, à connaître le difficile chemin qui mène à Belo. Mais le Capitaine Ranaivo et son bosco Alphonse avec qui nous embarquons sont deux marins chevronnés. Nous voilà en route pour remonter le Canal du Mozambique. Il nous faudra quatre jours et une nuit de mer pour parcourir l'équivalent de 450 Kms terrestres! Mer d'huile, chaleur implacable, passes difficiles à franchir, rien ne nous sera épargné.
À Belo-sur-mer, on fabrique encore des goélettes en bois selon un modèle de charpenterie de marine bretonne importé il y a plus d'un siècle. Ces bateaux de commerces permettent à tous les villages qui bordent le littoral ouest de Madagascar de survivre. Une région où les routes demeurent impraticables ou inexistantes. Seul le trafic maritime permet d'acheminer riz, sel, épices entre Tuléar et Mahajanga.
Nous parvenons à rembarquer sur l'une d'entre elles qui va acheminer 25 tonnes de sel à Maintirano, un peu plus au nord. La difficile navigation en pirogue n'est rien à côté d'un voyage en goélette. Le confort plus que sommaire de ces bateaux sans quille, les orages et la houle ininterrompue qui nous fait sans cesse gîter, rendent le voyage périlleux. Mais l'équipage de sept jeunes garçons maîtrise l'art de la navigation. Ils n'ont guère plus de 25 ans mais déjà l'expérience de vieux marins chevronnés. Pourtant, les vagues de deux mètres de haut qui barrent l'accès au port de Maintirano où nous arrivons après quatre jours de mer, vont en refroidir plus d'un à bord. Nous les premiers. Nous croyons notre dernière heure arrivée lorsque, enfermés dans la cabine pour ne pas gêner les manœuvres, deux vagues successives menacent de faire chavirer notre embarcation. Mais après de longues heures d'attentes et d'angoisse, les vagues sont franchies et le port apparaît enfin devant la proue du bateau.
Dernier voyage avant de quitter cette île enchanteresse: la piste côtière qui relie Tuléar à Fort Dauphin à l'extrême sud de l'île. Un voyage époustouflant dans une région méconnue si pauvre et si sèche qu'on la surnomme "Le pays des épines"...
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Retrouvez l'intégralité de ce récit de voyage illustré dans l'ouvrage Madagascar, 3 mois de voyage sur l'île rouge de Claire & Reno MARCA, aux éditions Aubanel.
Pierrot Men, grand photographe malgache, est l'invité de ce livre dans un chapitre illustré de ses photos consacré à la communauté de Soatanana.
Ce livre a reçu le Grand Prix Michelin à la Biennale du carnet de voyage de Clermont-Ferrand 2007.
Pour information consultez le site:
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