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Carnet de voyage
Le toit du monde
Tibet
Yunnan Highway: 6 février au 3 mars 2007
La décision de se rendre au Tibet nous est tombée dessus telle une révélation. Nous etions censés contourner le Tibet et passer par les provinces du nord de la Chine. Dès notre arrivée dans la province du Yunnan nous avons été surpris par l'hiver. La température chutait régulièrement sous le zéro. Une semaine de mauvais temps nous fit douter du réalisme de l'aventure: traverser le Tibet en hiver. Nous avions peur du froid intense, de l'altitude, d'être mal accueillis; sans oublier que l'accès au voyageur autonome est encore prohibée. Janvier tirait à sa fin, nous apprîmes alors qu'un autre cycliste ce dirigeait au Tibet. Nous avons donc pris la décision de foncer, s'il pouvait passer, nous pouvions réussir aussi. Cet à Kunming (capital du Yunnan, 5 millions d'habitants) que nous avons trouvé tout l'équipement nécessaire pour une telle expédition.
L'accès à cette terre interdite est long et difficile, la route grimpe à plus de 4'200 mètres. Nous commençions à percevoir quelques signes de la culture tibétaine. Tout au long de l'ascension nous croisions des chortens (stupa), des lamaseries et plusieurs enfants aux habits colorés nous saluèrent aux passages. Au sommet du col, des centaines de drapeaux multicolores flottent à tous les vents envoyant des mantras de paix, de bonheur dans toutes les directions. Au loin, le Tibet se dessine avec son mur de sommets blancs infranchissables. Notre descente nous mène jusqu'au pied de la Montagne sacré Meili où se tortille le célèbre fleuve le Mékong, encore 100 km environ, et nous serons au Tibet.
La route jusqu'ici asphaltée nous promet bien des surprises. Rapidement, la route se détériore, des centaines de kilomètres de route en gravelle se déroulent sous nos pneus. La Yunnan Highway est considéré comme une des routes les plus exigeantes de la terre. Elle traverse l'est du Tibet pour ce rendre à Lhassa; interdite aux étrangers. La route change constamment d'altitude: pas un bout plat, des montées qui atteignent parfois plus de 5000 mètres ou des descentes interminables qui rejoignent toujours les bords d'une rivière (2000 m). Les paysages merveilleux, mêmes féerique, nous récompensaient des efforts extrêmes que nous avons fournis pour atteindre les sommets, spécialement difficile dû au manque d'oxygène. Les chaudes journées ensoleillées qui accompagnaient notre ascension, laissaient place au souffle glacial de la nuit. La température chutait généralement sous les -15° degrés Celsius.
Nous avons mis un peu plus de 3 semaines afin d'atteindre Lhassa. Nous avons passé plusieurs postes de contrôle durant la nuit: Yanjing, Markam, Nyingchi et Bayi. A chaque bruit insolites, à chaque hurlement de chien notre cœur se resserait. La crainte d'être surpris est grande, nous ne faisions pas tous ces efforts pour rebrousser chemin.
Les Tibétains sont d'une gentillesse incroyable. D'après nos lectures, nous nous attendions à ce que les gens soient un peu méfiants et parfois même hostiles aux étrangers. Au contraire, nous allions régulièrement frapper aux portes des tibétains afin de demander du pain et à chaque fois que nous leur offrions de l'argent, ils le refusaient en nous disant que leurs gestes venaient du coeur; pour eux, aider quelqu'un leur rapportait plus que de l'argent. De façon générale, ils nous invitaient à manger et à nous rechauffer. C'est ainsi que nous avons eu la chance de déguster plusieurs spécialités tibétaines: thé au beurre de yak, yak cru, dzampa, labou, capsé, yak séché, alcool artisanal, etc. Nous avons même été invitées à trois reprises à célébrer le Nouvel-An Tibétain. Cette fête dure environ 2 semaines. C'était vraiment drôle! Le village entier finissait souvent par arriver dans la maison. Deux touristes occidentaux en visite, c'est plutôt rare! Contrairement à nos attentes, lorsque nous prenions une pause les enfants nous observaient de loin. Parfois, ils outrepassaient leurs craintes et venaient nous saluer ou nous offrir des bonbons. Nous leur offrions en échange de gouter à notre nourriture, mais ils ont toujours refusé. Nous sommes finalement arrivés à Lhassa le 2 mars vers les 18:00 hrs après 111 km.
Lhassa-Katmandou: 8 au 22 mars 2007
Notre départ de Lhassa a été une sorte de soulagement. La ville est sans vie et nous commencions à tourner en rond. L'ambiance est extrêmement différente de la campagne et tout le monde semble un peu perdu. Les seules attractions sont les visites des temples tels que la Potala et Jokan, mais malheureusement pour y accéder, vous devez payer des sommes astronomiques.
Nous avons parcouru 750 km avant d'atteindre la frontière du Népal. La route était relativement facile, mais le vent toujours de face nous ralentissait énormément. Nous avons dû à plusieurs reprises, pousser les vélos. Comparativement à l'est du Tibet, le paysage de la Friendship Highway est plus monotone. Cette section du pays n'est qu'un immense désert. Les tibétains n'ont d'autre choix que d'utiliser des excréments de yak séchés afin de chauffer leurs maisons, puisqu'il n'y a pas arbre qui vive.
Nous avons été attristés par l'impact du tourisme sur les moeurs des gens. Les touristes ont corrompu le coeur des Tibétains, à chaque fois que nous en rencontrions un, il nous demandait de lui donner de l'argent, de l'eau, nos bottes, notre linge, tout quoi. Nous avons même fini par arrêter de saluer les gens puisqu'à chaque reprise il nous répondait: "Dalai Lama, money." Contrairement à l'est, les enfants, sous l'œil attentif des parents, nous barraient la route afin de nous arrêter et de s'emparer de quelques choses sur notre vélo. De façon générale, lorsque nous refusions de donner quelque chose, les enfants essayaient de nous lancer des roches.
La traversée de la chaine Himalayenne a été beaucoup plus stressante que ce que nous aurions pu nous imaginer. La route était catastrophique, puisque nous arrivions durant la fonte de la neige, des avalanches, des chutes de pierres et de glaces bloquaient partiellement la route. La route longeait une rivière qui serpentait dans un genre de gouffre. Notre arrivé à la frontière Népalaise a été un soulagement après 1 journée de descente (5 200 mètres à 1700 mètres).
Réflexion
Beaucoup de voyageurs sillonnent la Friendship Highway, ils voyagent en 4X4 Toyota et observent le monde spectaculaire qui défile devant leurs yeux. Ils s'arrêtent prendre une photo ici et là et lorsqu'un enfant les salue et leur demande de l'argent, des crayons, du pepsi, etc. et bien ils leur offrent les sous qui reposent au plus profond de leur poche. Cette rencontre de 3 min, leur permet de quitter le cœur léger et heureux d'avoir pris une superbe photo et d'avoir aidé un enfant.
Mais, saviez-vous que lorsque vous remettez de l'argent ou tout autre matériel sans vraiment prendre le temps de comprendre le besoin du demandant, vous créez ainsi un précédant? Ce geste développe des comportements sociaux très néfastes qui aboutissent malheureusement à la destruction de la culture du pays et des valeurs. Les enfants qui réussissent à soutirer de l'argent finissent, généralement, par abandonner le travail et sont souvent poussés par leurs parents à fournir l'argent nécessaire au milieu familial.
Si vous désirez les aider, essayer de vous informer s'il y a des organismes communautaires dans la ville ou le pays visité et remettez vos dons à ces derniers. Votre argent sera utilisé beaucoup plus positivement. Il est toujours bon d'aller jeter un petit coup d'œil avant.
S.V.P. Protégez nos ressources humaines en arrêtant d'encourager le vice. L'argent est un poison qui peut rapidement détruire les valeurs d'un peuple. Merci
Pour information consultez le site:
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