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Croquis et dessins
3 ans de voyage, 1ère partie - 3 mois c'est un cap
Mali
"3 mois c'est un cap!" nous avait-on dit. Le notre vaut bien Horn.
Partis depuis la France à travers le Maroc, la Mauritanie, le Sénégal puis la Guinée Conakry, nous rejoignons Bamako, la capitale malienne, après 3 mois d'un voyage épuisant. Canicule saharienne puis torpeur d'une saison des pluies féconde, transports locaux inexistants et quelques pépins en Guinée ont un peu entamé notre enthousiasme. Bamako, la capitale malienne, nous apparaît alors comme une terre promise, "Eldorado" d'un confort relatif pour voyageur pas trop exigeant. Notre traversée de l'Afrique n'en est qu'à ses balbutiements mais c'est ici, le long du fleuve Niger, que se répandent comme des perles sur le chapelet du pélerin quelques noms mythiques qui en ont fait rêver plus d'un avant nous: Djenné, Bandiagara, Tombouctou...
Djenné, la petite Dia, et son marché hebdomadaire, véritable carrefour ethnique de toute la région. Convergent ici chaque lundi depuis plusieurs siècles éleveurs peuls, paysan songhaïs, commerçants bambaras ou femmes de pêcheurs bozos qui se réunissent au pied de la Grande Mosquée de terre pour un sublime rituel millénaire.
D'une ville à l'autre, les ethnies se succèdent comme les paysages. Un peu plus à l'est, à 90km au sud de Mopti, s'étend la puissante falaise de Bandiagara, excroissance de grès longue de 150 km. C'est au pied de celle-ci que vivent les Dogons, successeurs des Tellem disparus au XV° siècle fuyant pour beaucoup l'islamisation grandissante de la région. Les villages qui s'alignent en haut de l'escarpement pour certains et dans la plaine pour les autres, se méritent: on se déplace ici à pied, bagages sur le dos avec pour gîte quelques cases de banco hospitalières.
Mais le point d'orgue de notre aventure malienne se situe sur l'autre rive du fleuve Niger. Isolée en retrait du pays par ce cordon nourricier dont elle est séparée, Tombouctou, mythique cité caravanière, n'est pas beaucoup plus simple à rejoindre aujourd'hui qu'elle ne l'était à l'époque de Roger Caillé. Trafic fluvial capricieux et sommaire ou piste défoncée, le choix n'est pas large.
A celui, utopiste, qui espère encore les portes tapissées d'or, des centaines de chameaux ou les marchés fourmillant de commerçants, Tombouctou ne peut que décevoir. Mais après 9 jours passés en compagnie des Kel Tamacheq vivant dans l'Azawad, la région qui borde la ville au nord, nous comprenons que la richesse de l'ancienne "Rome soudanaise" est ailleurs et se dissimulée au cœur de la ville de pierres. Tombouctou se dévoile alors sous son plus bel aspect: celui d'une oasis réconfortante après les difficultés d'une épreuve saharienne.
Notre long voyage autour du Sahara peut continuer. Prochaines étapes le Niger, le Tchad puis le Soudan pour rejoindre le Moyen-Orient. L'aventure ne fait que commencer.
A suivre...
Ces images et ce périple vécus sont extraits de notre récit illustré "3 ans de voyage" paru aux éditions Hermé en novembre 2005. Un ouvrage qui a reçu une Mention Spéciale à la biennale de Clermont-Ferrand 2005, le prix des 5 Continents 2006 dans la catégorie Beaux Livres et une Mention Spéciale, Prix Amerigo Vespucci au Festival International de Géographie de Saint Dié des Vosges 2006.
Pour information consultez le site:
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