L'évocation du Japon, pays du Soleil Levant suggère instantanément des images classiques tels que les pousseurs dans le métro, les cohortes de japonais sillonnant les capitales européennes, les jeux vidéos, la technicité, les cerisiers en fleurs, les kimonos, les arts martiaux, le sumo... liste non exhaustive.
J'ai eu le bonheur de découvrir ce pays à maintes reprises, de goûter son atmosphère, de savourer sa cuisine raffinée, d'être confrontée à ses paradoxes, d'apprécier ses saisons, d'approcher sa culture. Le Japon quoique très industrialisé, se caractérise par maints contrastes, preuve en est la pérennité des fêtes traditionnelles qui sont respectées par les Japonais.
J'ai envie de vous inviter à découvrir un Japon plus singulier, qui sort des lieux communs, qui permet en quelque sorte une découverte de la quotidienneté par le biais des traditions, des croyances, des habitudes et des superstitions.
Partons à la découverte des traditions!
Le premier janvier est marqué par la visite au temple. Traditionnellement un repas spécial est servi, mais cette coutume se perd un peu. Les familles japonaises, au petit-déjeuner mangent un potage servi avec des feuilles vertes mitsuba et des mochi (gâteaux de riz). En guise de dessert, selon les goûts de la personne, l'usage est de manger des mochi servis dans une sauce liquide et chaude d'azuki (pois rouges).
En japonais, le nouvel an se dit: Shin nen kai.
Pour préparer les mochi on utilise un riz spécial qui après avoir été cuit est longuement malaxé jusqu'à l'obtention d'une pâte élastique qui sera répartie en petites boules. Au Japon il existe deux sortes de riz , le riz de tous les jours et le riz réservé pour les occasions spéciales (motchi*).
Le mochi symbolise la vie qui s'allonge en référence à l'élasticité du gâteau de riz, ainsi le bonheur, la santé, l'argent se prolongent, c'est pourquoi les Japonais mangent des mochi le jour de l'An. A minuit le 31 décembre, les Japonais ont pour habitude de manger des nouilles de sarrasin toshi koshi soba ce qui signifie textuellement passer l'année sain et sauf. La signification est identique à celle des mochi.
Dans le sud du Japon on mange beaucoup de mochi, cela a pour effet d'apporter richesse et prospérité daifuku (dai: grand, fuku: riche, bien)
Traditionnellement pendant sept jours soit du premier au sept janvier des décorations de la nouvelle année sont exposées dans les grands magasins, dans les familles, elles seront ultérieurement brûlées au temple. Ces décorations se composent par exemple de baguette de bambou avec un mochi à trois étages avec à son sommet une petite orange, d'un petit tambourin, d'une grue en papier plié. En japonais le pliage du papier se dit origami.
Devant leur porte d'entrée les gens déposent une décoration en bambou et en pin kadomatsu.
Au mois de février, les 3 ou 4 février, chaque Japonais a pour habitude d'acheter son paquet de pois de soja daizu. Tous les supermarchés des villes et des campagnes vendent les daizu. S'en suit une petite cérémonie qui consiste à jeter les pois dans toute la maison, dans tout l'appartement et sur le balcon ceci pour en chasser les démons. Fenêtres et portes sont ouvertes pendant que la personne disperse les pois dans toutes les pièces et qu'elle prononce les paroles Oni wa soto, ce qui signifie "démons dehors!" Après la personne ajoute les paroles suivantes Fukuwa utchi ce qui signifie "joie dans la maison" qui marque l'appel à Dieu.
Le troisième jour du troisième mois marque momosetsuku ou la fête des petites filles. Suku signifie fête en japonais. A cette occasion des décorations spécifiques poupées de la famille royale sont vendues dans les magasins.