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Carnet de voyage
Marseille, Porte sur la route de l'Orient
France
Introduction au voyage
Les grandes découvertes du monde n'auraient pu se faire sans les découvertes de voyageurs curieux, de savants intrépides, de navigateurs, de marins et de capitaines assez courageux, arabes, indiens et européens.
Pour les Grecs, la terre était un disque dont la partie supérieure était habitée. Les Pythagoriciens vont démontrer que la terre est une sphère et que la voûte céleste (les étoiles), tournait autour du soleil, cela bien avant Copernic. Le Grec Aristarque de Samos avait encore calculé, 300 ans avant Jésus Christ, que la terre tournait sur elle même et autour du soleil. Les Arabes et les Chinois, nous ont apporté la boussole, les tables astronomiques, les chiffres qui ne seront plus "Romains" et l'algèbre. Ces capitaines, navigateurs, commerçants, soldats de fortune et aventuriers ont très vite connu ce port. Marseille est en fait l'une des premières villes maritimes.
Marseille se trouve depuis 2600 ans sur la route commerciale. Découverte par les Etrusques, Cité Phocéenne et République Grecque, elle deviendra Massalia pour les Romains et restera très longtemps la plus grande ville de France.
Dés l'Antiquité, le Phénicien Pytheas, né à Marseille, découvrira au cours de ses voyages au Nord de l'Europe, la Mer du Nord et la Baltique, jusqu'aux "Mers Figées". Parti sur des navires du même type que les Drakkars Vikings, vers les eaux gelées de l' Arctique, au large de l'Islande, qui n'avaient pas encore été explorées avant lui, il faisait partie de ce peuple de marins qui avaient un goût immodéré pour les grandes explorations. Ces Vikings, les "Nordmans" qui viendront s'abattre quelques siècles plus tard sur la Méditerranée et viendront piller presque toutes les villes, depuis la Turquie, de Constantinople jusqu'en Espagne!
Du Moyen-Age jusqu'à la Renaissance, Marseille construira et développera des techniques de construction navale, particulièrement dans le domaine militaire, comme l'Arsenal des Galères, l'une des pièces principales du puzzle historique et urbanistique de la Ville.
Depuis plusieurs années, Marseille court à la recherche de son passé, fouille dans ses rues et ses archives, creuse un peu partout dans son sol pour en exhumer la matière de son Histoire.
En 1800, ce sera le préfet Delacroix, père du peintre, qui sera envoyé par Bonaparte pour reprendre en main le Département des Bouches du Rhône, en perpétuelle rébellion contre toute autorité de tutelle, fera perdre à Aix en Provence son statut de Préfecture et redonnera à Marseille une suprématie administrative qui lui était refusée depuis Jules César.
A la fin du XIV ème siècle, Marseille était devenue un repaire de pirates. En 1423, elle a failli disparaître entièrement lors des règlements de compte entre les familles d'Anjou et les Catalans d'Alphonse V l'Aragonais, aidé de corsaires espagnols. Tout ce qui n'a pas été volé, sera brûlé.
Depuis, les chaînes qui barraient l'entrée du port, sont toujours visibles sur les murs de la cathédrale de Valence.
La marine commerciale et militaire sera entièrement reconstituée et adaptée aux nouvelles technologies après que les Anglais, alliés aux Espagnols, n'aient entièrement détruits notre flotte lors du siège de Toulon, la première base navale française, fait sauter tous les navires, pillé les arsenaux et laissé massacrer toute la population par l'armée républicaine que Bonaparte n'arrivait pas à contrôler.
Les périodes fastes de l'économie marseillaise sont aussi celles qui correspondent au commerce négrier qu'avait rétabli Napoléon, aux échanges avec les lointaines colonies comme Saint Domingue, les comptoirs américains et indiens, la Louisiane, la Nouvelle Orléans et le Québec, perdus les uns après les autres, au cours de cette longue histoire maritime.
Depuis le XVII éme siècle, la navigation a pratiquement conservé les mêmes techniques, et les navires resteront sensiblement identiques, avec l'utilisation de voiliers, les Tartanes, les Felouques, pour le petit cabotage, les Brigantins et enfin les Brick Goélettes, Polacres et Trois-Mâts barques, pour les grandes traversées transatlantiques.
Peu à peu, la vapeur et le charbon vont remplacer les vrais voiliers, après une période mixte, de voiliers à moteur, ou roues à aube, les voiliers disparaîtront presque totalement du paysage maritime, coulés, abandonnés ou bien utilisés comme barges de transport, pontons ou brise-lames.
Durant le XVIII éme siècle, Marseille rivalisera avec les grands ports français de St-Malo, Nantes et Bordeaux. Elle prendra alors une position plus importante lors de la prise de l'Algérie et de l'émigration française vers la Tunisie et le Maroc. Sa présence au Liban et en Syrie entre les deux dernières guerres et enfin, la prise en charge de l'économie pétrolière par Marseille, redonneront un nouveau souffle à une ville qui semblait s'endormir et végéter. Pendant ce temps, les autres ville maritimes comme Gênes, Anvers, Londres et Hambourg reprenaient la haute main avec leurs échanges commerciaux transatlantiques et les pays du Nord de l'Europe.
Les rares vestiges de l'Histoire de Marseille sont concentrés autour du Vieux-Port. Ils lui donnent ce caractère particulier d'unité, dans les silhouettes et les couleurs des constructions dans le paysage urbain.
Il nous reste toujours le Château d'If, ce rocher battu par le Mistral, construit en 1527 sur l'ordre de François Ier, une île-prison où Alexandre Dumas y avait enfermé le Comte de Monte-Cristo, son fameux Masque de Fer, le frère bâtard du Roi Louis XIV. Encore debout à l'entrée de la passe on y verra les deux forts de St-Jean et St-Nicolas, la Tour Carrée, construite par le Roy René et la Tour du fanal construite en 1644, la Commanderie des Hospitaliers de St-Jean, les bâtiments de la douane ainsi que l'Hôtel-Dieu. Un musée magnifique est à visiter au centre de la Vieille Charité en haut du quartier du Panier, juste derrière l'Hôtel de Ville devant lequel le trois-mâts Marseillois est à quai. Reste encore à voir la Maison Diamant de Jacques-Coeur, et enfin, le Moyen-Age de l'Abbatiale de St-Victor fondée au début de l'ère chrétienne pour un concert d'orgues et la Vieille-Major, la nouvelle basilique, de style néo-Byzantin, et qui trône au-dessus des car-ferries embarquant vers la Corse ou les villes de la Méditerranée.
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